Budget

Comment calculer son budget voyage jour par jour

Oubliez la moyenne du pays. Chiffrez chaque journée d’après ce qu’elle contient, et le total cessera d’être une surprise.

Oubliez la moyenne du pays. Chiffrez chaque journée d’après ce qu’elle contient, et le total cessera d’être une surprise.

Photo: Imeao · Wikimedia Commons · CC0

La méthode habituelle pour calculer son budget voyage par jour consiste à chercher ce que coûte en moyenne une journée dans le pays, à multiplier par la durée du séjour et à ajouter les billets d’avion. C’est un bon moyen de savoir si une destination est à votre portée. C’est un mauvais moyen de savoir ce que coûtera ce voyage-là, parce qu’aucune de vos journées ne sera une journée moyenne.

Un coût moyen par jour décrit le voyage de quelqu’un d’autre. Votre budget doit décrire le vôtre, une journée après l’autre.

Trois postes, trois façons de les chiffrer

La plupart des budgets dérapent parce que tout est versé dans le même pot. Avant de chiffrer quoi que ce soit, séparez le voyage en trois postes, car chacun s’estime différemment :

  • Une fois par voyage : l’aller et le retour, l’assurance voyage, les bagages en soute et les éventuelles formalités d’entrée.
  • Une fois par nuit : l’hébergement, plus la taxe de séjour due par personne et par nuit, que certains établissements encaissent à l’arrivée au lieu de l’inclure dans le prix de la réservation.
  • Une fois par jour : ce que vous mangez, ce que vous visitez, vos déplacements sur place et la petite monnaie qui file entre les deux.

Les deux premiers sont presque entièrement connus avant le départ : on les réserve et on note le vrai montant. Le troisième est celui où les budgets dérapent, et c’est précisément celui qu’une moyenne estime au jugé.

Calculer le budget par jour à partir du programme

Une journée dans deux musées et une journée entre un marché et un parc ne coûtent pas du tout la même chose, même dans la même ville. Au lieu d’un chiffre unique pour tous les jours, chiffrez donc chaque journée d’après ce qu’elle contient. Pour chaque jour du programme, notez une ligne pour chacun de ces éléments :

  • Les entrées et les visites guidées, au prix du billet que vous achèterez vraiment, pas du moins cher affiché sur le site.
  • Chaque repas, au prix du type d’endroit où vous mangerez réellement. Un déjeuner assis et un sandwich sur un banc sont deux lignes différentes.
  • Les transports en commun : comptez d’abord les trajets dont la journée a besoin, et comparez seulement ensuite les tickets à l’unité et le pass journée.
  • Tout ce qui se vend sur créneau horaire, et les éventuels frais de réservation en ligne.

Écrivez chaque montant sous forme de fourchette : la version économique de ce déjeuner et celle que vous prendrez probablement. Additionnez la journée et vous obtenez deux chiffres, un plancher et un plafond réaliste. Le budget du voyage, c’est la liste de ces fourchettes, jour par jour, pas leur moyenne.

La liste montre aussi pourquoi une journée coûte cher. Une journée chère, c’est en général une ou deux visites payantes et beaucoup de trajets, et organiser la journée par quartier réduit les trajets avant même que vous ayez renoncé à quoi que ce soit.

Traveley construit son estimation de la même manière : le coût approximatif par personne qu’il affiche pour un voyage est l’addition des prix des étapes du programme, dans la monnaie locale, avec la conversion dans la vôtre quand il peut la faire. L’hébergement, le trajet aller-retour, les déplacements sur place, le shopping et les sorties du soir sont laissés de côté exprès : ce sont des dépenses que vous chiffrez mieux vous-même.

Trois jours, trois budgets différents

Prenez un séjour de trois jours en ville et ne regardez que le poste quotidien :

  • Jour un, l’arrivée : le transfert depuis l’aéroport, une carte de transport, un café à la gare et le dîner près de votre logement. Presque pas de visites, et pourtant le transfert peut être la plus grosse dépense de tout le poste quotidien.
  • Jour deux, les musées : deux entrées, un déjeuner assis entre les deux et quatre trajets d’un bout à l’autre de la ville. La journée la plus chère des trois, et ce sont surtout des billets.
  • Jour trois, un marché et un parc : entrée gratuite presque partout, déjeuner sur les étals du marché, tout à pied. Une fraction du jour deux, sans l’impression d’avoir manqué quoi que ce soit.

Une moyenne aurait été fausse pour chacun des trois jours. Et si le total est trop élevé, la liste montre quel billet ou quel repas le fait grimper, pour que vous coupiez là plutôt que de rogner un peu sur tout.

Les jours d’arrivée et de départ coûtent plus qu’il n’y paraît

Le premier et le dernier jour sont courts en temps, d’où la tentation de les budgéter comme des demi-journées. En argent, ce sont souvent des journées pleines. Manger dans un aéroport ou une gare coûte plus cher qu’en ville, les transferts se paient dans la précipitation, et un vol en soirée peut obliger à payer une consigne pour profiter de la dernière matinée.

Prévoyez-les comme des journées légères pour vos jambes, comme le recommande notre guide sur le nombre d’activités par jour, mais budgétez-les comme des journées pleines pour votre portefeuille.

Les petites dépenses que personne ne note

Aucune n’est importante à elle seule ; ensemble, elles expliquent pourquoi un budget soigné est déjà dépassé le troisième jour. Donnez-leur une ligne chaque jour, ou passez la liste en revue une fois avant de partir :

  • Les trajets imprévus : le taxi quand il pleut, le bus du retour quand vos pieds n’en peuvent plus.
  • L’eau, les cafés et les en-cas entre deux étapes.
  • Les pourboires là où ils sont attendus, et le service déjà ajouté à l’addition.
  • Les toilettes publiques, les vestiaires et les casiers payants.
  • Les frais de votre banque pour payer par carte ou retirer de l’argent à l’étranger, plus ce que prélève le distributeur lui-même.
  • Les données mobiles, si votre forfait ne couvre pas le pays.
  • Les petites entrées d’églises, de jardins et de belvédères dans lesquels vous décidez d’entrer une fois devant.

Budgéter en monnaie locale, convertir une seule fois

Chiffrez les journées dans la monnaie dans laquelle vous paierez. C’est celle des cartes de restaurant et des guichets, donc celle que vous pouvez vérifier sur place. Convertissez ensuite le total dans votre monnaie une seule fois, notez le taux et la date utilisés, et arrondissez en votre défaveur plutôt qu’en votre faveur.

Deux réflexes protègent cette conversion une fois sur place. Quand un terminal de paiement ou un distributeur propose de vous débiter dans votre monnaie, refusez et payez en monnaie locale : le taux affiché est fixé par celui qui gère l’appareil, pas par votre banque, et il est rarement le plus avantageux. Et si la monnaie fluctue beaucoup, revérifiez le taux la semaine du départ au lieu de vous fier à celui du jour de la réservation.

Une marge à la mesure de ce que vous ignorez

Le conseil courant est d’ajouter dix ou quinze pour cent, forfaitairement. C’est mieux que rien, mais cela traite toutes les lignes de la même façon. Un billet déjà acheté n’a besoin d’aucune marge ; un dîner estimé au jugé en demande une large. Vos fourchettes absorbent déjà l’essentiel de cette incertitude, si bien que la marge n’a plus qu’à couvrir ce qu’aucune fourchette ne peut prévoir : une correspondance manquée, une pharmacie, une nuit là où vous ne comptiez pas dormir.

Gardez-la à part du budget quotidien et ne la dépensez pas le deuxième jour parce qu’un restaurant vous faisait envie : ce n’est pas de l’argent de poche en plus, c’est ce qui empêche une mauvaise journée de gâcher les autres.

Faire le point chaque soir, pas à la fin

Un budget calculé par jour a un dernier avantage : vous pouvez le confronter à la réalité tant qu’il est encore temps de réagir. Chaque soir, mettez ce qu’a réellement coûté la journée à côté de ce que vous aviez prévu. Si le jour deux a débordé, vous le savez le jour deux, et le jour trois, plus léger, peut compenser. Découvrez-le le dernier soir et il n’y a plus rien à ajuster.

Voilà toute la méthode : trois postes, chaque journée chiffrée en fourchette d’après son propre programme, les petites dépenses notées, la monnaie locale d’abord, une marge mise de côté et un point chaque soir. Une heure avant le départ vous donne un total sur lequel compter, et non un total que l’on espère.

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